Vincent Bouyer (Hôtel) : nous aurons besoin d’une campagne de communication pour relancer l’activité

Vincent Bouyer est le propriétaire de l’hôtel de France à Angers et président de Destination Anjou.

Comment l’épidémie a impacté votre activité ?

Dès l’annonce la quasi-totalité de nos réservations ont été annulées tous segments confondus : affaires, groupes touristiques, déplacements individuels. Puis au fur et à mesure, les réservations liées au spectacle avec notamment l’annulation du Festival d’Anjou. J’ai donc pris la décision de fermer l’établissement faute de clients. Ceux des salariés qui avait des enfants de moins de 16 ans sont partis en arrêt pour garde d’enfants et les autres en chômage partiel.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté ?

A ce jour je n’ai toujours pas reçu l’aide au chômage partiel, c’est le cas pour d’autres collègues. J’ai eu beaucoup de mal à contacter mon banquier et je n’ai toujours pas non plus, de ce fait, contracté de P.G.E (Prêt garanti par l’Etat). Mon premier souci est donc de trouver rapidement de la trésorerie.

Des travaux de réfection de salle de bain était également prévus. Ils ont bien commencé, mais en retard pour des soucis d’approvisionnement. Il semblerait qu’à ce jour ceux-ci se fluidifient. Au moins les travaux ne gênent ni mes clients ni mes salariés…

Une autre difficulté réside dans l’incertitude de la date où je pourrai rouvrir mes portes sans mettre en danger la rentabilité de mon entreprise. La seule clientèle sur laquelle nous pourrons compter sera celle des voyageurs nationaux, vacanciers et entreprises. Mais quand aurons-nous le droit de nous déplacer sur l’ensemble du territoire national et à quel moment le traumatisme du virus se sera-t-il suffisamment estompé pour que nos concitoyens recommencent à bouger ?

Quelle évolution radicale entrevoyez-vous dans les comportements des clientèles à laquelle il faut se préparer ? Quelle mesure envisagez-vous pour répondre à ces changements ?

Je ne crois pas à un changement radical des comportements. Cette crise aura peut-être été un accélérateur sur des changements déjà en cours, notamment sur le télétravail, le travail à la maison, la téléconférence, l’achat en ligne, l’achat près de chez soi, la préférence pour des produits bios ou de proximité.

Pour ce qui est du travail, l’hôtellerie 4**** n’est pas concernée par du travail à distance. Le travail se fait sur place. En effet, le contact client est primordial et nous devons avoir un personnel présent dans l’établissement 24h/24h, ce sont les normes 4****.

Je n’avais jusqu’ici jamais fait appel à la réunion en ligne et j’ai découvert que mes ordinateurs n’avaient ni caméra ni micro…je vais donc me doter de ce type de matériel.

Pour ce qui est des produits bios et de proximité, l’Hôtel de France est depuis longtemps dans cette démarche avec un Ecolabel en 2010 et un passage en Clef Verte cette année. Nous allons donc juste continuer à aller le plus loin possible dans cette démarche.

Dans la perspective de la reprise d’activité : 3 actions prioritaires ?

– Se doter des outils et des produits sanitaires permettant de sécuriser nos clients et nos collaborateurs : masque, distributeur de gel à l’entrée, produits de nettoyage désinfectants, plexi… Nos fournisseurs recommencent à être approvisionner. Nous avons organisé avec Destination Anjou, l’UMIH, les clubs hôteliers de Saumur et Angers et l’ADECC une collecte auprès de nos adhérents des besoins en masques qui restent le produit le plus difficile à trouver. L’ADECC centralisera l’achat pour l’ensemble de nos professionnels.

– Se rappeler aux bons souvenirs de notre clientèle (agence, entreprise, individuels…).

– Que nos institutions donnent le signe de la reprise :

  • par une campagne de communication en urgence pour venter les atouts de notre territoire d’autant plus que l’Anjou a été peu touché par le virus,
  • par la reprise des évènements, pourquoi pas reprogrammer le Festival d’Anjou en septembre.
  • Par l’exemption des taxes locales pour accompagner les mesures nationales (droit de terrasse, taxes pour enseigne et enlèvement des ordures…)

Nous avons besoin de signaux positifs forts, je suis très optimiste quant à le reprise, l’Anjou a tout ce qu’il faut, où il faut.