Charles Lecointe : “il faudra conserver sa trésorerie en encourageant la vente en direct”

Charles Lecointe est directeur de publication du bimestriel “Accueillir Magazine”. Il y traite les sujets d’actualité et de gestion relatifs aux chambres d’hôte, gîtes et meublés de tourisme et intervient en formation auprès de créateurs et des loueurs. Pour Anjou tourisme, Charles Lecointe a accepté d’apporter son témoignage afin de donner des pistes pour aider les professionnels à surmonter cette crise sanitaire.

Charles Lecointe

Quelles sont les mesures de soutien et/ou adaptations qui visent directement les hébergements chez l’habitant, en termes de réglementation ou autre ?

Certaines mesures de soutien peuvent bénéficier à tous les loueurs, comme la modulation ou le report des échéances du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu et, sous certaines conditions ou après négociation, le report des échéances d’un prêt immobilier. D’autres mesures, comme le fonds de solidarité – 1500 € versés en cas de baisse du chiffre d’affaires d’au moins 50 % en mars, mesure reconductible en avril et bonifiée sous certaines conditions avec la participation des Régions – le report des cotisations sociales ou le crédit de trésorerie garanti par l’Etat peuvent bénéficier aux loueurs professionnels. Indépendamment des mesures adoptées au niveau national ou régional, il faut conseiller à tous les loueurs de préserver leur trésorerie pour passer la période actuelle. Une mesure peut être utile, celle qui permet de déroger aux contrats de location et de proposer à ses clients des avoirs valables 18 mois et remboursables à l’issue en cas de non-utilisation. Même si cette mesure est à destination des professionnels, tous les loueurs ont intérêt à la proposer.

Quelle évolution radicale entrevoyez-vous dans les comportements des clientèles à laquelle il faut se préparer ?

La situation est au point mort mais les réservations reprendront brutalement sans que l’on ne sache précisément quand. Tout dépend de l’épidémie et des décisions de déconfinement qui seront prises. De très nombreux citadins auront besoin de dépaysement, de découverte et de repos. Il faut se préparer à de nombreuses réservations de dernière minute, voire de toute dernière minute, pour les chambres d’hôtes mais également, et de façon plus inhabituelle, pour les meublés de tourisme. Il faut penser clients. Ils ne seront pas patients et voudront une confirmation rapide voire immédiate de leur séjour. Les loueurs devront être très réactifs faute de quoi ils perdront des réservations. Ceux qui n’ont pas mis en place la réservation en ligne sur leur site internet peuvent encore le faire.

Dans la perspective de la reprise de l’activité, pouvez-vous citer 3 actions prioritaires à mettre en œuvre pour anticiper la reprise dans les meilleures conditions ?

Les hébergements chez l’habitant disposent de nombreux atouts, à commencer par leur charme, leur taille humaine et la qualité de leur accueil. Ce sont des arguments sur lesquels les loueurs doivent insister tout particulièrement cette année. Et les hébergements chez l’habitant sont très bien placés pour profiter de la reprise lorsqu’elle aura lieu car le côté maison de famille est sécurisant. Comme actions prioritaires, je recommanderais aux loueurs de rassurer leurs clients dans le domaine de la sécurité et de l’hygiène, d’être présents sur plus de supports de promotion que d’accoutumée et, surtout, de faciliter la réservation en direct pour préserver leur trésorerie et leur marge. L’avant-saison est difficile, il faut préparer la saison sans oublier l’arrière-saison.