Clément de Carvalho (hôtellerie de plein air) : “Il faut continuer de communiquer positivement sur la préparation de l’ouverture de nos campings”

Clément de carvalho est directeur et exploitant du camping de l’Isle Verte à Montsoreau. Il est président du Syndicat Départemental de l’Hôtellerie de Plein Air de Maine-et-Loire.

Comment l’épidémie a-t-elle impacté votre activité ?

La première conséquence dans notre camping a été le report d’embauche des saisonniers qui devaient aider à préparer l’ouverture du camping. Ensuite, nous avons dû gérer les annulations qui sont arrivées d’abord timidement puis cela s’est enchaîné à grande vitesse. Résultat, le mois d’avril est à zéro, le mois de mai proche du zéro et le mois de juin sera du même cru. Les principales annulations, viennent de l’étranger en particulier : la clientèle Britannique constitue à elle seule 80% de notre fréquentation étrangère en juin.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté ?

Les principales difficultés sont, en dehors de la perte intégrale de Chiffre d’affaires, les chantiers interrompus brutalement, ce qui nous laisse prévoir des problèmes supplémentaires à l’ouverture. Certaines choses pourraient avancer mais les difficultés d’approvisionnement en matériaux ralentissent considérablement les travaux que nous pouvons exécuter par nous-mêmes.

 

Quelles mesures avez-vous prises dès le départ pour la gestion de vos personnels ?

Nous n’avons pas mis en place d’activités partielles dans notre camping. Nous souhaitons en effet nous assurer qu’à la fin du confinement, nous serons définitivement prêts pour l’ouverture. Seuls les embauches ont été décalées en espérant que le personnel prévu soit toujours disponible. Par exemple, nous devions embaucher du personnel d’entretien peu avant l’ouverture. Celui-ci a du se rabattre sur d’autres postes dans des secteurs qui avaient besoin de bras malgré le confinement. Nous sommes donc toujours dans l’interrogation à ce sujet, à savoir si nous devrons, ou non, passer par un nouveau cycle de recrutement…

 

Avez-vous mis en place des mesures pour respecter les consignes sanitaires du gouvernement ?

Nous sommes 4 à travailler, dont une stagiaire arrivée juste avant le confinement, chacun sur un secteur déterminé et aucun en contact direct. Les travaux étant pour l’essentiel en plein air (ex : préparation des locatifs et réouverture des sanitaires), nous n’avons pas eu de difficultés à mettre en place les mesures barrières après avoir bien sensibilisé le personnel.

Il a été également nécessaire de bien former notre équipe à la gestion des annulations et à assurer une relation clientèle toute particulière dans cette période de crise.

Les mesures de soutien financier du gouvernement semblent-elles adaptées et suffisantes pour répondre aux problématiques de l’hôtellerie de plein air ? Quelles sont les démarches que vous avez entreprises ?

Les mesures de soutien ne sont actuellement pas suffisamment adaptées aux spécificités du camping : elles ne tiennent pas compte du caractère très saisonnier de notre activité.

En effet nous arrivons à un moment de l’année où notre trésorerie est au plus bas, la jonction devant se faire à l’ouverture. Ne travaillant qu’avec des touristes, l’unique source de CA est représentée par les seuls acomptes encaissés pour des séjours allant d’avril à septembre. Les sommes totales sont très insuffisantes…

Aucune réservation ou presque n’arrive depuis le confinement sachant que le mois de mars est traditionnellement une période importante dans l’acte de réservation ajouté au phénomène de réservation de dernière minute : nous arrivons avec une trésorerie proche du négatif. Ceci amplifié par le fait que les soldes de réservation payables 30 jours avant le début des séjours ne sont pas payés par les clients.

Les reports d’échéances, c’est une réponse d’urgence mais quid de ces reports une fois l’activité reprise ? Que se passera t-il dans le cas d’une saison blanche ? Comment payer si le CA est inexistant ?

En ce qui concerne le remboursement des clients, nous avions déjà adopté le principe de l’avoir, l’ordonnance du 25 mars est venue apporter un caractère officiel coupant court aux discussions (peu nombreuses mais existantes) sur le remboursement ou avoir.

Nous avons toutefois assoupli nos conditions générales de ventes durant cette période exceptionnelle. Nous avons en effet accepté des avoirs alors que nos conditions prévoyaient qu’aucun remboursement ne serait fait sur les week-ends prolongés de mai sans assurance annulation.

Que préconisez-vous dans la stratégie tarifaire des campings en sortie de crise ?

Il ne me semble pas opportun ni d’augmenter, ni de revoir à la baisse nos tarifs au risque de faire passer des messages préjudiciables pour l’avenir. Par contre, il me semblerait d’autant plus opportun cette année d’assouplir ses conditions de séjour en haute saison, comme par exemple d’accepter des arrivées et des départs tous les jours au lieu des traditionnelles tranches de réservation du samedi au samedi.

Quelles actions de communication avez-vous mises en place pour réassurer vos clients en temps de crise ?

De notre côté nous communiquons sur Facebook de manière positive afin de montrer à nos clients que la vie continue et que nous poursuivons les préparatifs pour une future ouverture.  Nous prévoyons également de communiquer sur la manière d’accueillir nos clients dans le respect des règles d’hygiène et de mettre en avant les avantages du tourisme « plein air » du camping, comme facteur plus sûr pour profiter pleinement de ses vacances en sécurité.