Natacha et Dany Thomas (camping) : “Il va falloir resserrer les liens encore plus fortement avec les autres professionnels du tourisme”

Natacha et Dany Thomas sont propriétaires du camping 3* de la Guyonnière à Mauges-sur-Loire. Dany Thomas est également membre de la Fédération Régionale de l’Hôtellerie de Plein Air Pays de la Loire

Comment l’épidémie a-t-elle impacté votre activité ?

Nous avons dû procéder à une fermeture administrative de notre camping. Nous avons également dû gérer les nombreuses annulations de séjours qui ont découlé du confinement… Il a fallu notamment répondre aux nombreux appels des clients et à leurs inquiétudes sur le fait de maintenir ou non leur réservation au-delà des dates de fin de confinement.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

La fermeture obligatoire de notre camping nous a obligés à annuler les séjours prévus par les clients et a donc généré une perte nette pour notre chiffre d’affaire. De plus n‘ayant aucune visibilité sur la suite des événements, nous n’avons plus aucune réservation de séjour, même pour cet été. Les clients sont frileux…ils ont peur, et certains pensent qu’il n’y aura pas de vacances cet été. Comment dans ce cas donner l’envie de réserver ses vacances en ce moment…

Quelles mesures avez-vous prises dès le départ en terme d’organisation face à la crise sanitaire ?

Nous n’avons pas de personnel : cela a été plus simple pour nous à gérer par rapport à d’autres campings. Pour le moment les assurances ne couvrent pas les épidémies donc a priori pas de prise en charge. Malgré tout, nous sommes prêts à ouvrir dès que la date de fin du confinement sera annoncée. Nous envisageons la désinfection de notre terminal de paiement et des portes de l’accueil après chaque passage de clients. Nous prévoyons également de mettre à disposition du gel hydro-alcoolique à l’accueil.

 

Les mesures de soutien financier du gouvernement semblent-elles adaptées et suffisantes pour répondre à vos problématiques de l’hôtellerie de plein air ? Quelles sont les démarches que vous avez entreprises ?

Aujourd’hui non ! Qui va compenser les pertes liées à la fermeture obligatoire de notre établissement ? Les reports de charges et de remboursements des emprunts ne seront pas suffisants face aux pertes importantes de nos structures… et les reports, il faudra les payer un moment venu. Il est malheureux de le dire, mais nous serons sans doute moins nombreux dans un an, certains campings ne se relèveront pas de cette crise. Nous perdons de l’argent quotidiennement à ne pas pouvoir accueillir nos clients qui avaient réservé (ou non) leurs séjours et à devoir leur faire des avoirs.

Remboursement des clients, report sous forme d’avoir, autres… que conseillez-vous ?

La FNHPA à laquelle nous adhérons est très impliquée. Elle a participé auprès des ministres concernés à la mise en place de nouvelles règles pour la  prise en compte des séjours annulés. Pour tous les séjours annulés pour cause de confinement et partiellement réglés nous donnons aux clients un avoir de la somme versée, et quand c’est possible nous lui proposons un séjour équivalent à une autre date (ce qui est compliqué pour le moment faute d’avoir une date d’ouverture officielle). Dans tous les cas, ces avoirs seront valables jusqu’à la fin de la saison 2021. Pour notre part, nos clients sont compréhensifs car ils ont les mêmes interrogations que nous.

Comment imaginez-vous votre communication pour attirer une clientèle malgré cette crise ?

Pour le moment, nous n’avons pas encore de réelles actions mises en place. Nous savons que l’espace et la petite taille de notre camping pourraient rassurer les clients : ils ne seront pas les uns sur les autres, et les emplacements sont grands… Nous envisageons donc d’axer encore plus notre communication autour de cela. De manière générale, les campings ont des atouts à faire valoir quand cette crise sera passée. Nous sommes en extérieur, dans de grands espaces naturels, certains emplacements de nos campings sont deux ou trois fois plus grands que l’espace dans lequel les gens sont confinés actuellement ! Nous allons avoir besoin de resserrer les liens (qui sont déjà forts) avec les différents prestataires : zoos, restaurants, viticulteurs, sites de visite, producteurs locaux, etc.
C’est essentiel pour donner une image encore plus visible de la destination ANJOU.